21.5.08

Il est si grand, vous n'avez pas idée



"Elvis didn’t die. The body did. We’re keeping up the good spirits. We’re keeping Elvis alive. I talked to him this morning and he told me to 'carry on." Colonel Tom Parker, Elvis Presley's Manager 

 

En 2005, un quart des américains interrogés par USA Today n'ont toujours pas compris : pour eux, Elvis n'est "probablement pas mort". Elvis est l'anagramme de "Lives", il vit, vivait, vivra pour les siècles des siècles. S'appliquant à rendre vivant le mot de Priscilla Presley, qui affirmait dès 1977 que "les gens ne comprennent pas qu'il n'était pas un Dieu'', plusieurs églises supportent le mythe : ''the First Church of the 24 Hour Chuch of Elvis'', The First Presleytarian Church of Elvis the Divine'', ''Elvis Gospel Ministries''... relayant la tâche que s'est déjà fixé le ''Elvis is Alive Museum'', à savoir mettre sur pied un Elvis mort-vivant, zombie unique et universel, temporel et éternel à la fois.

De ces cendres incertaines vont alors naître une multitude de bébés-Elvis. Certains d'entre eux sentent le besoin de prendre corps d'Elvis. Ils sont les cannibales, les bébés-sosies qui ont mangé son corps comme on mange un hostie. D'autres développent la Gatheringite et toutes les théories fumeuses qui produiront le mythe d'Elvis-Lazare, renaissant glorieux (et humble à la fois) d'une mort déchéance. Ils sont les bébés-idolâtres du Elvis anonyme et multiple qui revient nous hanter aux quatre coins du globe. Il y a enfin les bébés-marchands du temple, tous ceux qui vivent de l'usufruit du mort-vivant. Ces trois espèces, en réveillant la bête, ont donné corps à la version mythique du King, annulant par la même la dette de nos peines singulières pour la grande névrose universelle. Alors seulement, Elvis devint son propre phare, le gardien de nos nuits. 

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